Si la flambée des prix de l'énergie a des répercussions directes sur les citoyens et les entreprises, elle a également un impact sur les écoles, les établissements d’enseignement supérieur, les crèches, ou encore les associations actives dans les autres compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Or, ces structures sont déjà particulièrement fragilisées par les mesures d’économie adoptées depuis 2 ans par le Gouvernement MR-Engagés. Parmi ces mesures figure notamment la non-indexation des moyens de fonctionnement, ce qui veut dire que les opérateurs sont exposés à une explosion de leurs coûts alors que leurs dotations n'évoluent pas en conséquence.
"En novembre 2025, les représentants des pouvoirs organisateurs de l’enseignement avaient attiré l’attention de l’ensemble des parlementaires sur le danger de voir certaines écoles tomber en faillite en raison des mesures d’économie : ce danger est désormais décuplé vu l’explosion des prix. Le constat est le même dans tous les secteurs » indique Martin Casier, chef de groupe PS au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ».
Face à ces risques, le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’a jusqu’ici pris aucune initiative concrète, certains de ses membres indiquant même encore espérer que la crise soit conjoncturelle.
Pourtant, l'expérience de la crise liée à la guerre en Ukraine a enseigné la nécessité d’anticiper au maximum les difficultés des acteurs de terrain. Face à la flambée des prix de 2022-2023, le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait d’ailleurs mobilisé une enveloppe de 150 millions d'euros pour soutenir les secteurs à travers des aides forfaitaires directes et des avances de trésorerie ciblées par secteur.
Dans une résolution déposée ce jour, le PS appelle le Gouvernement MR-Engagés à sortir de sa léthargie en développant une démarche d'anticipation active, d'évaluation rigoureuse et de préparation opérationnelle de mécanismes de soutien ciblés et rapidement mobilisables.
Plus concrètement, il est demandé au Gouvernement de
- mettre en place un monitoring de l'évolution des prix de l'énergie et de ses répercussions sur les opérateurs relevant de ses compétences.
- en concertation avec les représentants des secteurs, procéder à une cartographie de l'exposition énergétique des opérateurs afin d'identifier les plus vulnérables et d'orienter en conséquence les éventuelles mesures de soutien.
- préparer, de manière préventive, un cadre opérationnel de soutien ciblé par secteur incluant des critères d'activation, des modalités d'aide adaptées et des procédures simplifiées pour un déploiement rapide.
- provisionner une enveloppe budgétaire dans le cadre de l'ajustement 2026, afin de disposer des moyens nécessaires pour débloquer ces aides si nécessaire.
- interpeller le Gouvernement fédéral sur la nécessité de prendre des dispositions visant à alléger la facture énergétique des collectivités et des ménages.
- élaborer, en concertation avec les secteurs concernés, un plan stratégique pluriannuel visant à réduire la dépendance énergétique des opérateurs et établissements de la FWB à long-terme.
"Cela fait maintenant 4 semaines que nous alertons les Ministres du Gouvernement Degryse. Miser sur une crise de courte durée relève de l’amateurisme. C’est totalement irresponsable de laisser les écoles, les crèches et les acteurs associatifs livrés à eux-mêmes dans une situation qui va rapidement menacer l’emploi et la continuité des missions d’intérêt général de nos opérateurs. Des leviers de soutien ont déjà été mis en place dans le passé, il est donc possible d’être aux côtés des acteurs ! » précise Vincent Crampont, député socialiste.