Plus d’un million d’euros : voilà la somme que Didier Reynders est soupçonné d’avoir blanchi, selon la presse. Ainsi, il aurait versé environ 800 000 euros en espèces sur ses comptes bancaires entre 2004 et 2018, avant d’utiliser environ 200 000 euros pour acheter des tickets de loterie entre 2019 et 2022.
Et ce n’est pas tout ! Dans le cadre de l’enquête, deux perquisitions ont visé un antiquaire bruxellois du Sablon et le domicile de Jean-Claude Fontinoy, bras droit historique de Didier Reynders. Selon les éléments révélés ces derniers jours, Monsieur Fontinoy aurait acheté pour près d’un million d’euros d’objets d’art en liquide, via des transactions fréquentes et non justifiées. Ces faits, pouvant être considérés comme un schéma de blanchiment d’argent potentiellement structuré, posent également question.
« La chronologie de cette affaire interroge : comment quelqu’un a-t-il pu verser pendant autant d’années des sommes aussi importantes en cash sans déclencher d’alerte ? La question se pose encore plus quand il s’agit d’une personnalité politiquement exposée ! Pourquoi les banques et organes de contrôle sont-ils restés silencieux aussi longtemps ? Et surtout, d’où vient cet argent ? », questionne le député Hugues BAYET.
Pour le PS, il y a clairement eu une chaîne de contrôle défaillante.
« Didier Reynders a été ministre MR des Finances pendant plus de dix ans. Durant cette période, il n’a jamais renforcé les dispositifs anti-blanchiment, ni sur le plan législatif, ni au niveau des contrôles. La lutte contre la grande fraude fiscale n’a jamais été sa priorité, préférant la DLU à la levée du secret bancaire ! Ce bilan politique, conjugué à l’enchaînement actuel des révélations, justifie pleinement l’ouverture d’une enquête parlementaire permettant de faire la lumière sur les faits, d’évaluer les défaillances bancaires et proposer des réformes concrètes pour lutter contre le blanchiment », conclut Khalil AOUASTI.
Tous ces nouveaux éléments justifient la mise en place d’une commission parlementaire pour faire la lumière sur les faits et les failles du système anti-fraude. La lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment doivent être une priorité !