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Le discours de Paul Magnette aux voeux du Parti Socialiste

Retrouvez ci-dessous le discours de Paul Magnette prononcé lors de la soirée des vœux du Parti Socialiste à la Fabrik d’Herstal.

Retrouvez ci-dessous le discours de Paul Magnette prononcé lors de la soirée des vœux du Parti Socialiste à la Fabrik d’Herstal.

Merci à vous toutes et tous d'être venus, très nombreux du pays de Liège, évidemment, mais aussi des quatre coins de Wallonie et de Bruxelles pour ce moment qui est toujours un beau moment politique, nos retrouvailles en ce début d'année. Et merci mon cher Frédo (Frédéric Daerden) de nous accueillir à Herstal. En un lieu, je ne sais pas si vous le savez, mais qui s’appelle les A.C.E.C ; c’est un acronyme et c'est l'acronyme des Ateliers de Construction Électrique de Charleroi. Et donc voilà, nous sommes d’une certaine manière dans un petit bout de pays Carolo en pays liégeois, on ne pouvait pas rêver mieux.

Alors chers amis, chers camarades, vous vous en souvenez peut-être l'année dernière à Anderlecht pour nos vœux à Bruxelles, je vous avais dit que deux nuages sombres pointaient à l'horizon et allaient dominer toute l'année 2025. Le premier nuage, c'était Donald Trump et le deuxième nuage, c'était le gouvernement fédéral qui était en cours de formation. Et je vous avais prédit, hélas, une longue année de reculs sociaux et démocratiques. Et j'aurais aimé m'être trompé, mais je ne me suis hélas pas trompé, on l'a vu partout : des reculs sociaux et démocratiques comme jamais on en avait connu.

Aux États-Unis, on voit maintenant, vous voyez depuis quelques jours, des dirigeants de droite, tout d'un coup trouver que finalement Trump n'est pas si bien que ça, mais ils oublient ce qu'ils avaient dit il y a un an. Ils oublient qu'il y a un an, ils nous expliquaient que les États-Unis étaient notre allié, que c'était un grand partenaire commercial, qu'il fallait travailler avec eux, qu'il fallait s'entendre, etc. Mais en attendant, on a vu le résultat. Nous, on n'était pas naïfs. Nous, on le savait et on l'avait dit. Trump, aux États-Unis, tout au long de l'année, pas à pas, a démoli tous les fondements de la démocratie américaine. Il a attaqué les fonctionnaires, les magistrats, la presse, le monde de la recherche… Il a manipulé l'armée. Il a utilisé sa police spéciale et l'a autorisé à recourir à la violence contre les migrants et il a continué à saccager de tous côtés la nature.

Trump tous les jours nous offre un mauvais spectacle de politique de bas étage qui se diffuse grâce à ses amis milliardaires sur l'ensemble des réseaux sociaux et qui font que ces nouveaux discours se banalisent et finissent par former le fond de l'air. Sur le plan international, non seulement ça n'est pas mieux, mais c'est pire encore. Trump et ses amis sont de ces gens qui pensent que quand vous avez de l'argent, vous avez droit au pouvoir. Et quand vous avez le pouvoir, vous avez le droit de tout faire. Et partout, ils appliquent cette logique purement prédatrice. Vous voyez comment ils estiment qu'ils peuvent accaparer les terres et les ressources à travers le monde entier. Ils vont d'abord soutenir Poutine pour essayer de récupérer les minerais en Ukraine. Ils vont soutenir Netanyahou pour priver le peuple palestinien de son territoire, notamment à Gaza et en Cisjordanie. Ils se débarrassent d'un dictateur au Venezuela, mais non pas pour défendre le peuple souverain du Venezuela, mais uniquement pour accaparer les ressources pétrolières. Et aujourd'hui, ils veulent spolier le Groenland pour là aussi en exploiter toutes les ressources. La même logique est à l'œuvre partout. Trump se dit simplement : « mes amis milliardaires et moi-même, nous avons de l'argent, nous avons du pouvoir et nous allons l'utiliser à notre seul profit ».

Mes chers amis, chers camarades, ça peut peut-être parfois nous paraître très lointain. Mais ce qui se passe là-bas a un impact immédiat sur nous, ce sont nos territoires et nos ressources qu'ils essayent de spolier. C'est notre industrie, ce sont nos emplois qui sont détruits par leur guerre commerciale. Ce sont nos libertés qui sont mises en péril par le soutien ouvert qu'ils apportent aux forces d'extrême droite un peu partout. Et puis comment, chers amis, chers camarades, ne pas noter les similitudes évidentes entre ce qui se passe là-bas et ce qui se passe ici.

Tout au long de l'année 2025, on a vu un président de parti, le président du MR, M. Bouchez, attaquer le monde de la culture, attaquer le monde de la recherche, insulter des journalistes, mépriser les médias publics, dénigrer l'enseignement, agresser les syndicats, agresser les mutuelles, s'attaquer aux associations, s'attaquer aux militants et j’en passe, sur les conflits d'intérêts et sur les blagues sexistes. C'est exactement le même type d'attitude par rapport à la démocratie.

Ce même président de parti, au Parlement, n'a même pas hésité à dire que la stratégie de Donald Trump, qui fait de l'Europe une espèce de vassal des États-Unis, il aurait pu la signer lui-même et il a obtenu d'ailleurs les chaleureux applaudissements de l'extrême droite. Alors, on peut se dire : « Oui, mais ce sont des postures, c'est une manière de faire de la politique, ce sont des petites provocations pour attirer l'attention ». Sauf que ce discours, il porte en lui des actes et il porte en lui un projet. C'est le même projet de société, c'est cette même idée selon laquelle les riches ont le pouvoir et que ça leur donne tous les droits.

Ils ignorent complètement la concertation sociale et ils détruisent pas à pas le droit du travail. Ils s'attaquent au salaire des travailleurs qu'ils avaient pourtant promis d'augmenter. Ils inondent les classes moyennes sous une avalanche de nouvelles taxes. Les milliardaires, les grands fraudeurs, les très hauts revenus, eux pendant ce temps-là, tout va très bien. Les demandeurs d'emploi, les malades, les invalides, les aidants-proches, eux sont mis sous une pression insupportable et ils sont, en plus, rendus responsables de tous les maux de la terre. Mais ceux qui vont très bien, ceux-là on les laisse faire, et même, on continue à les soutenir. C'est toujours la même logique. Faible avec les forts, et forts avec les faibles.

Dans ce concert d'une brutalité inouïe, vous aurez peut-être noté une tentative de certains d'apporter une petite musique dissonante. Ceux qui nous disent : « Oui, tout ça on le fait, mais enfin vous comprenez, c'est un mal nécessaire… ». Les Engagés. Vous les avez reconnus. Les Engagés qui nous expliquent que ce n’est pas leur faute, ils auraient préféré « ne pas », ils auraient « bien voulu, mais ils n’ont pas pu », « ils n’ont pas vraiment eu le choix » etc. En somme, quand on les écoute, c'est un peu pour citer un cycliste célèbre : « Toutes ces horreurs, elles se font, mais elles se font à l'insu de leur plein gré ». Mais c'est un peu facile, parce qu’ils doivent savoir, nous, nous l'avons découvert dès qu'on a vu les accords de gouvernement, on les a décortiqués et on a montré et on leur a dit au Parlement : « les mesures que vous prenez contre l'enseignement sont les plus dures qu'on ait jamais pris contre les enseignants, contre les garderies, contre le personnel des écoles, contre les cantines scolaires ».

Et alors là, ils disent : « Oui mais bon, on essaye, on va voir ce qu'on peut faire » etc. Les mesures que vous avez prises contre les malades et les invalides, avec les mesures de ces gouvernements, leurs feront perdre 1 000 euros. Et quand on dit ça aux Engagés, ils ont l'air de le découvrir. Et quand on leur dit : « vous savez que les sanctions d'une brutalité inouïe que vous prenez contre les demandeurs d'emploi, elles touchent aussi des gens qui travaillent, elles touchent les personnes qui gardent vos enfants à l'école le temps de midi. Elles touchent les personnes qui ont été obligées d'arrêter de travailler pour s'occuper d'un parent qui est lourdement handicapé ». Et là, Les Engagés nous disent « Eh bien oui, mais qu'est-ce que vous voulez, on essaye, on n'en peut rien », etc. Non, aucune de ces mesures n'aurait pu passer sans Les Engagés. Ils doivent donc assumer leurs responsabilités. Ou bien, ils en sont responsables et ils les assument. Et donc, quand on fait de la politique, ou bien on assume ses décisions, ou bien, si on n'est pas d'accord, on en tire les conclusions et on quitte le gouvernement. C'est ça, l'éthique de la responsabilité en politique.

Alors chers amis, chers camarades, dans ce climat, il faut bien le dire, un peu morose, on pourrait avoir toutes les raisons de se décourager. Mais vous savez que les socialistes ne se résignent jamais. Impossible n'est pas socialiste. Nous avons, depuis l'installation de ces gouvernements, partout, en Wallonie avec Christie, à la Communauté avec Martin, au fédéral avec Pierre-Yves et l'ensemble de notre groupe, nous avons mené une opposition vigoureuse et constructive. Et nous avons pu faire reculer le gouvernement à de nombreuses reprises. Et nous avons pu faire en sorte aussi que des centaines de milliers de citoyennes et de citoyens comprennent les mesures qui allaient leur tomber dessus, comprennent les mensonges et les trahisons qui font le lit de la politique de ces gouvernements.

Dans le même temps, avec vous, militantes et militants et avec les citoyennes et citoyens qui sont de plus en plus nombreux à nous rejoindre, nous travaillons à notre refondation. Non pas, je rassure, pour devenir autre chose que ce que nous sommes. Nous nous refondons, mais pour être toujours plus intensément nous-mêmes, pour être toujours plus intensément socialistes. Parce que dans ce monde, on a plus que jamais besoin des idées que nous portons. Les citoyens et les citoyennes s'en rendent compte. Non seulement, ils sont dégoûtés par l'injustice des mesures, par les mensonges, par l'arrogance de ces pouvoirs des droites. Mais en plus, ils voient de plus en plus que ce qu'il faudrait faire, c'est tout l'inverse de ce que fait ce gouvernement De Wever, ce gouvernement MR/Engagés.

Ce qu'il faudrait faire, ce n'est pas s'attaquer aux sans-emploi, en les sanctionnant aveuglément. Mais comme nous le proposons, prendre des mesures pour atteindre le plein emploi. Ce qu'il faut faire, ce n'est pas diminuer les revenus de la moitié des salariés en s'attaquant à l'index, mais au contraire, augmenter les salaires. Ce qu'il faut faire, ce n'est pas s'attaquer aux malades et aux invalides, mais se demander pourquoi ils sont tombés malades et invalides et s'attaquer aux conditions de travail qui les ont réduits à cette situation. Ce qu'il faut faire, ce n'est pas signer des accords de libre-échange qui sacrifient nos agriculteurs ou se mettre à plat vente devant Trump et lui acheter des armes à foison, mais c'est au contraire, affirmer notre souveraineté Européenne, notre souveraineté alimentaire, notre souveraineté militaire, notre souveraineté industrielle et notre souveraineté technologique.

Et ce projet, chers amis, chers camarades, ce n'est pas une chimère, ce n'est pas une utopie, ce n'est pas une idée tombée de loin, c'est le projet socialiste de toujours et qui retrouve aujourd'hui sa force et son actualité. Il reste, en Europe, un grand gouvernement socialiste. C'est le gouvernement de notre camarade Pedro Sanchez en Espagne. Et que fait le gouvernement de Pedro Sanchez ? Il augmente les bas salaires et les pensions et il fait reculer les inégalités et la pauvreté. Avec les socialistes en Espagne, on investit massivement dans le logement et la transition énergétique, avec les socialistes, on fait contribuer les banques et les multinationales, avec les socialistes, on dit non à l'OTAN quand elle nous demande de faire des dépenses inconsidérées en matière militaire et avec les socialistes, ces politiques, elles fonctionnent. L'Espagne, qui incarne la vérité de ce projet authentique du socialisme aujourd'hui. L'Espagne est le pays qui a créé le plus d'emplois, qui a le plus réduit la pauvreté, qui a l'économie la plus florissante, qui en même temps amorce et accélère sa transition climatique et qui réduit son déficit. Bref, ça marche. Et c'est tout l'inverse de ce que fait notre gouvernement.

Notre gouvernement, c'est un déficit qui se creuse et une dette abyssale qui sera transmise aux générations futures. Ce gouvernement, ce sont des faillites à foison et des emplois détruits, des inégalités galopantes et une pauvreté malheureusement galopante qui va repartir à la hausse.

C'est tout l'inverse qu'il faut faire et c'est ce que nous représentons. Alors chers amis, chers camarades, la voix, elle est claire. C'est la voix de notre projet, c'est la voix de nos valeurs. Et cette année 2026, je vous la souhaite du fond du cœur, pleine de joie, bien sûr, pleine de prospérité, pleine de santé, pleine d'amour. Mais je vous la souhaite aussi pleine de combativité. L'année qui vient de se terminer restera dans l'histoire comme une année de reculs sociaux et démocratiques comme on n'en a jamais connu. Mais le vent finit toujours par tourner. Les gens ont bien vu qu'ils avaient été trahis, qu'ils avaient été trompés. Ils voient bien que la politique de ces gouvernements de droite est inefficace et profondément injuste. Et le vent, oui, le vent commence à tourner. On le voit aux États-Unis, où des candidats de gauche qui s'affirment socialistes - et il faut le faire pour s'affirmer socialiste aux États-Unis - eh bien, ils battent les amis de Trump et ils gagnent les mairies dans les grandes villes comme à New York.

On le voit chez nous, les syndicats sont parvenus à mettre des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs dans les rues pour dire non au projet de ces gouvernements. Chaque jour, des milliers de citoyennes et de citoyens nous rejoignent. Oui, si on votait demain, nous serions, et de très loin la première force politique parce que le vent tourne et c'est à nous de faire qu'il soit toujours plus fort et que les voiles qui nous portent soient toujours plus gonflées vers un avenir radieux. Alors, il faut parfois, dans l'histoire, passer par des moments sombres pour retrouver la lumière et en 2026, je vous souhaite une année qui soit lumineuse, combative, fraternelle.

En un mot :  socialiste. Bonne année à toutes et à tous et vive les socialistes.

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