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Enseignement : le PS veut forcer la concertation sur la réforme fédérale des pensions

Le groupe PS du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles vient de déposer ce jour une motion en conflit d'intérêts contre la réforme fédérale des pensions. Cette motion vise à suspendre la procédure à la Chambre et à obliger le gouvernement fédéral à concerter son projet avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une initiative essentielle pour protéger les enseignants, les agents de la fonction publique et les chercheurs.

Le groupe PS du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles vient de déposer ce jour une motion en conflit d'intérêts contre la réforme fédérale des pensions. Cette motion vise à suspendre la procédure à la Chambre et à obliger le gouvernement fédéral à concerter son projet avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une initiative essentielle pour protéger les enseignants, les agents de la fonction publique et les chercheurs.

La réforme Arizona présente en effet des impacts majeurs sur leur future pension, en l’amputant de plusieurs centaines d'euros nets par mois — le cabinet du ministre fédéral des Pensions l'a lui-même reconnu — tout en les contraignant à travailler plusieurs années supplémentaires.

Au-delà de la perte de pouvoir d’achat qu’elle représentera pour les futurs retraités concernés, cette mesure va avoir des conséquences négatives majeures sur l’attractivité des métiers de l’enseignement et dans les services publics. D’autant qu’elle s’ajoute à des décisions du Gouvernement MR-Les Engagés en Fédération Wallonie-Bruxelles qui dégradent considérablement les conditions de travail, comme la suppression de 1.800 emplois dans l’enseignement et l'augmentation de la charge horaire sans compensation salariale dans l’enseignement secondaire supérieur, le report d’investissements dans les bâtiments scolaires, la limitation d’aménagements de fin de carrière, la réduction des budgets pour les fournitures scolaires, ou encore le non remplacement de 80% des départs dans les administrations. 

C'est dans ce contexte que le groupe PS a déposé ce mardi une proposition de motion de conflit d'intérêts. Le mécanisme, prévu par la loi ordinaire du 9 août 1980, permet à un parlement fédéré d'exiger la suspension d'une procédure législative fédérale lorsque ses intérêts sont gravement lésés. Si la motion est adoptée, la Chambre des représentants devra suspendre l'adoption de la réforme des pensions et organiser une concertation avec la Fédération Wallonie-Bruxelles.

« Les enseignants sont frappés à tous les niveaux à la fois. Ici, on augmente leur charge de travail et on réduit leurs conditions d'emploi. Au fédéral, on ampute leur pension. On leur demande de travailler plus, plus longtemps, pour gagner moins. Et on s'étonne ensuite que la pénurie s'aggrave. » — Martin Casier, chef de groupe PS

La motion déposée par le PS pointe une contradiction politique flagrante. Dans sa déclaration de politique communautaire, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a érigé la revalorisation du métier d'enseignant en première priorité. La réforme Arizona va exactement à l'inverse : elle dégrade les perspectives de pension de ces mêmes enseignants, affaiblit l'attractivité de la profession et risque d'aggraver une pénurie déjà structurelle.

Le même raisonnement vaut pour les agents de la fonction publique et pour les chercheurs, dont les spécificités de carrière ne sont pas prises en compte dans la réforme fédérale, fragilisant ainsi la recherche francophone.

Le texte PS souligne également l'impossibilité pour la Fédération Wallonie-Bruxelles de compenser les pertes subies par ses travailleurs via la constitution d'un second pilier de pensions à la hauteur des pertes subies. Dans un contexte de rigueur budgétaire imposée à marche forcée, la FWB n'en a tout simplement pas les moyens.

« J'espère que les députés MR et Les Engagés qui n'arrêtent pas de claironner leur volonté de revaloriser les enseignants voteront cette motion. C'est l'occasion de le prouver. » — Martin Casier, chef de groupe PS

La proposition de motion est cosignée par Martin Casier, Dorothée De Rodder, Ersel Keynak, Valérie Dejardin, Ibrahim Dönmez, Ozlem Ozen et Bruno Lefebvre. Nous  souhaitons qu’elle soit mise à l’ordre du jour en  Commission le 26 mai prochain, et le 27 mai en plénière vu l’urgence liée aux débats en cours au Parlement fédéral.

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