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Burn-out, stress, dépression au travail pour des mesures contraignantes au niveau européen

Les problèmes de santé mentale affectent un citoyen sur six et près de la moitié des travailleurs en Europe, entraînant un coût économique et social estimé à plus de 4 % du PIB (OCDE).

Les problèmes de santé mentale affectent un citoyen sur six et près de la moitié des travailleurs en Europe, entraînant un coût économique et social estimé à plus de 4 % du PIB (OCDE).

Les risques psychosociaux au travail constituent un défi croissant pour la sécurité et la santé des travailleurs dans l’Union européenne. Les transformations du monde du travail, l'intensification des rythmes, la précarisation de l’emploi, la numérisation accrue, les nouvelles pratiques managériales, augmentent l’exposition à ces risques. Les principaux facteurs identifiés sont la surcharge et l'intensité du travail, le manque d’autonomie, les longues heures de travail, l'insécurité de l’emploi, les comportements inappropriés, l'absence de reconnaissance avec, pour conséquence, stress, burn-out, absentéisme, perte de productivité et pénurie de main-d’œuvre.

Tous les secteurs d’activité sont concernés, les femmes et les jeunes travailleurs sont particulièrement exposés.

Ainsi, pour Estelle Ceulemans, députée et coordinatrice Emploi et Affaires sociales pour le groupe S&D: "Il est indispensable que la Commission européenne propose une nouvelle directive sur les risques psychosociaux et le bien-être au travail afin de lutter contre le stress, l’épuisement professionnel, le harcèlement et d’autres risques liés à la santé mentale sur le lieu de travail. C'est la raison pour laquelle je dépose un rapport d’initiative législative en ce sens au Parlement européen".

Le projet de Rapport propose, entre autres:

 

  • Une Directive spécifique pour fixer des normes minimales contraignantes sur la prévention et la gestion des risques psychosociaux (en cohérence avec le paquet « Emplois de qualité »);
  • La reconnaissance des risques psychosociaux comme maladies professionnelles;
  • L'allègement ou l'inversion de la charge de la preuve pour faciliter la reconnaissance et la compensation des atteintes à la santé;
  • Le renforcement des droits des travailleurs :
    • Le droit à un environnement de travail psychologiquement sûr;
    • Une protection accrue contre les représailles.
  • Un rôle à jouer par les employeurs :
    • Une évaluation annuelle obligatoire des risques psychosociaux et en cas de changements organisationnels majeurs;
    • L'élaboration d’un plan d’action annuel avec des mesures concrètes : réduire la surcharge éventuelle, encadrer les horaires et heures supplémentaires, limiter au maximum l’imprévisibilité du travail, garantir le droit à la déconnexion;
    • L'évaluation préalable des risques psychosociaux avant toute restructuration ou introduction de technologies de surveillance/gestion numérique.
  • Un renforcement du dialogue social, avec l'implication systématique des travailleurs et de leurs représentants dans l’évaluation et la prévention.

 

Prochaines étapes: dépôt des amendements pour le 16 avril et une audition (publique) avec l'Agence européenne pour la Santé et la Sécurité au travail (EU-OSHA) et la présentation du rapport en Commission Emploi et Affaires sociales demain, mercredi 15 avril. Le vote en Commission est prévu le 2 septembre et le passage en plénière en octobre.

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