Taxe Zucman : de quoi parle-t-on ?
Le principe défendu par l’économiste français Gabriel Zucman, mondialement reconnu, est simple : les plus grandes fortunes doivent contribuer à hauteur de leurs capacités réelles.
Notre texte prévoit une taxation de :
- 1 % sur les patrimoines comprise entre 5 millions et 100 millions d’euros;
- 2 % sur les patrimoines au-delà de 100 millions d’euros.
Aujourd’hui en Belgique, les impôts sont déséquilibrés. Un travailleur est en moyenne taxé à environ 42 %, tandis que les plus grandes fortunes paient environ 24 %. En d'autres termes, un ou une travailleuse est taxé deux fois plus qu'une personne qui détient une très grande fortune. Ca ne va pas !
Pour le PS, ce déséquilibre peut être changé.
C’est pourquoi nous défendons une fiscalité qui fasse davantage contribuer le grand capital, plutôt que de continuer à faire peser l’essentiel de l’effort sur les pensionnés et les personnes qui travaillent.
La taxe Zucman, une idée que le PS porte en Belgique
Le débat sur la taxation des très grandes fortunes est souvent présenté comme une mesure impossible à appliquer. C'est FAUX ! Nous avons travaillé avec Gabriel Zucman pour porter et adapter cette réflexion en Belgique et nous avons déposé plusieurs propositions de loi visant notamment à taxer les plus-values et à instaurer une contribution plus juste des très hauts patrimoines.
L’objectif est clair : récupérer des milliards là où ils existent pour pouvoir financer ce qui est utile à toutes et tous : les écoles, les hôpitaux, les services de secours, la transition climatique... Il ne s’agit pas de demander un effort supplémentaire aux travailleurs ou aux pensionnés. Au contraire, il s’agit de rééquilibrer l’effort fiscal.
Pourquoi taxer davantage les grandes fortunes ?
En Belgique, plus de 70 % des recettes fiscales reposent encore sur les revenus du travail et la consommation des familles, notamment à travers la TVA et les taxes. Ces prélèvements pèsent proportionnellement davantage sur les familles aux revenus les plus faibles.
Dans le même temps, les 10 % des ménages les plus riches détiennent 55 % du patrimoine des ménages en Belgique. Pour le PS, il est donc temps de poser une question simple : pourquoi le travail devrait-il être davantage taxé que les revenus du patrimoine ?
Notre proposition vise précisément à corriger ce déséquilibre.
Une taxe sur les ultra-riches parmi plusieurs mesures
La taxe Zucman ne constitue pas une mesure isolée. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de justice fiscale.
Le PS propose également :
- une lutte renforcée contre l'évasion fiscale ;
- une taxation des surprofits des banques et des multinationales de l'énergie ;
- intensifier la lutte contre le blanchiment d'argent.
Cette approche doit permettre de dégager des moyens pour financer les services publics, tout en réduisant la pression qui pèse sur les travailleurs.
La taxe Zucman peut-elle rapporter de l’argent à la Belgique ?
Cette question est évidemment centrale. Les données reprises dans notre analyse montrent qu’une taxation de 2 % des milliardaires européens pourrait générer 42,3 milliards d’euros de recettes à l’échelle européenne. À l’échelle mondiale, le principe défendu lors du G20 de 2024 visait une contribution minimale de 2 % sur le patrimoine des quelque 3.000 milliardaires dans le monde.
Au-delà d’un chiffre précis, l’enjeu est surtout de changer la logique de notre système fiscal : ne plus demander systématiquement aux mêmes de financer les efforts collectifs. Faire davantage contribuer ceux qui ont plus.
Taxe Zucman : peut-on vraiment taxer les très grandes fortunes ?
Trois arguments reviennent régulièrement dans le débat :
« C’est impossible techniquement »
On entend souvent qu’une taxe sur les ultra-riches serait trop compliquée à mettre en œuvre : impossible d’évaluer précisément les patrimoines, manque d’informations, difficultés techniques… Pourtant, ce n’est pas un obstacle insurmontable. Une grande partie du patrimoine des plus grandes fortunes est déjà identifiable, notamment leurs actifs immobiliers et leurs participations dans les entreprises cotées. Et pour les entreprises non cotées, des méthodes de valorisation existent. Mettre en place une fiscalité sur les grandes fortunes, c’est aussi créer les outils, les règles et la transparence nécessaires pour mieux connaître leur patrimoine.
« Les grandes fortunes vont partir »
Là encore, il existe des solutions. Gabriel Zucman propose notamment un « bouclier anti-exil » : une personne devenue très riche en Belgique et qui décide de s’installer dans un pays où elle est beaucoup moins taxée pourrait continuer à contribuer à la Belgique pendant plusieurs années. Si elle paie déjà suffisamment d’impôts dans son nouveau pays, rien de supplémentaire ne serait dû ; mais si son nouveau pays pratique une fiscalité très faible, la Belgique pourrait récupérer la différence. L’exil fiscal ne doit pas devenir un moyen de ne plus contribuer après avoir bénéficié pendant des années des infrastructures, des services publics et de tout ce que notre société a rendu possible.
« Cela va tuer l’économie »
Une contribution de 1 ou 2 % sur les très grandes fortunes ne remet pas en cause la capacité d’investir ou d’entreprendre. Elle ne concerne d’ailleurs que des patrimoines extrêmement élevés. Et surtout, les recettes dégagées peuvent être réinvesties là où se trouvent les véritables moteurs de l’innovation et de la croissance : l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche. Plutôt que d’opposer fiscalité et économie, il faut utiliser l’argent public là où il peut avoir le plus d’impact sur notre avenir.
L’objectif est de rééquilibrer notre système fiscal, de protéger le pouvoir d’achat et de dégager les moyens nécessaires pour investir dans l’école, les soins de santé, les services publics et l’avenir de notre pays.
Pour le Parti Socialiste, la réponse est claire : la justice fiscale doit commencer par le sommet.