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La fracture numérique est une fracture multiple

19/03/2010
 
La fracture numérique se réduit d’année en année. Mais plus d’un Belge sur quatre est exclu de l’accès à Internet; par ailleurs, une fracture numérique ‘du second degré’ se dessine. La sénatrice Christiane Vienne dépose une proposition de loi visant à assurer l’accès au haut débit pour les plus faibles revenus.
 
Interrogés par Christiane Vienne en séance plénière du Sénat, ce jeudi 18 mars, Vincent Van Quickenborne (ministre pour l’Entreprise) et Philippe Courard (secrétaire d’Etat à l’Intégration sociale) ont livré plusieurs chiffres sur l’accès à l’Internet en Belgique.
 
Des chiffres qui dessinent deux tendances: le nombre de ménages belges possédant un ordinateur et un accès à l’Internet est en progression constantemais la Belgique reste à la traîne en cette matière, se situant dans la moyenne de l’Union Européenne. Selon l’INS, en 2009, 75% des ménages disposent d’un ordinateur en Flandre, 69% à Bruxelles et 65% en Wallonie. 67% des familles belges sont connectées à Internet.
 
La fracture numérique demeure donc une réalité. Cette fracture tend même à développer plusieurs aspects.
 
Comme le souligne Philippe Courard, une fracture numérique de second degré fait son apparition, et porte sur les usages numériques: si les plus jeunes sont familiarisés avec Internet, il existe un décalage entre l’usage qu’ils en font et les attentes de la société à leur égard (difficultés dans la recherche et le traitement d’informations, l’usage des services publics en ligne, ou l’utilisation d’applications commerciales ou financières).
 
Par ailleurs, selon Christiane Vienne, un phénomène est préoccupant: les nombre d’internautes belges a augmenté ces dernières années, mais pas dans la catégorie des personnes aux plus faibles revenus. Une ‘exclusion numérique’ susceptible d’entraîner une réelle exclusion sociale, vu le rôle désormais majeur que joue Internet en matière d’information et de communication.
 
Enfin, si la loi prévoit, en matière de communications électroniques, un service universel de base, la large bande n’y est pas incluse. En d’autres termes, il n’existe aucune obligation pour les opérateurs d’assurer l’accès au haut débit dans leur offre de tarif social.
 
Une situation qui conforte l’exclusion numérique des personnes aux faibles revenus: le haut-débit, loin d’être un luxe, tend à devenir une norme minimale dans les connexions internet, vu l’évolution technologique rapide. La connexion 56k devient obsolète et son utilisation, en déclin.
 
Christiane Vienne a déposé au Sénat une proposition de loi visant à inclure l’accès au haut débit dans la définition du service universel de base en matière de communications électroniques. Pour la sénatrice, cette mesure aura pour effet, en facilitant l’accès de chacun au haut débit, de contribuer à l’amenuisement de la fracture numérique.
 
Par ailleurs, le secrétaire d’Etat Philippe Courard a annoncé avoir lancé cette semaine un appel à projets, afin de soutenir financièrement le développement d’expériences-pilotes incitant les jeunes internautes à dépasser les limites de leur univers numérique et à devenir des utilisateurs avertis de la société de l’information.

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Mise en ligne et/ou actualisée le 19/03/2010 Mise en ligne et/ou actualisée le 19/03/2010