Chers amis, à cette heure tardive, après des jours et des semaines de négociations ardues, nous pourrions avoir la tentation de nous laisser aller au pessimisme, au renoncement. Nous sommes pourtant très près du but. Certes, les différends sur les textes restent nombreux. Certes, les dizaines de crochets qui lacèrent les textes reflètent des divergences de vue, et des conflits d’intérêts, qui sont loin d’être négligeables. Mais le plus dur est fait. Nous avons su, tous ensemble, reconnaître le fléau des dérèglements climatiques, après des décennies de controverse scientifique. Nous avons su nous décider à agir, ensemble. Nous nous sommes forgés un langage. Nous avons su inventer les grands mécanismes qui nous permettront, demain, dans l’après-Copenhague, d’entrer résolument dans une nouvelle ère. Nous connaissons les possibilités et les difficultés de chacun. A la lumière de tout le chemin que nous avons parcouru, les obstacles qu’il nous reste à franchir sont peu de choses. Nous arrêter maintenant, si proches d’un but que nous partageons tous, serait un gâchis immense. Il suffit de quelques heures, d’un réflexe collectif, de petits mouvements de chacune des parties, pour que Copenhague entre dans l’histoire.