Bea Diallo forme le "Mouvement Guinée nouvelle"
INTERVIEW
Bea Diallo, Député PS à la Région Bruxelles-Capitale et à la Communauté française et Echevin de la Commune d'Ixelles forme le "Mouvement Guinée nouvelle" pour aider un des plus beaux pays d'Afrique à trouver la démocratie et la paix.
Est-ce que vous pourriez nous expliquer la situation politique en Guinée ?
Bea Diallo : La situation politique en Guinée est aujourd’hui assez complexe. Suite à la prise de pouvoir d’un groupe de militaires à Conakry, ceux-ci ont promis d’organiser des élections transparentes et démocratiques dans le pays, sans se présenter eux-mêmes aux élections. Au fur et à mesure que les choses ont avancé, ils ont changé d’avis. Dès lors, une pression énorme de la «justice civile» mais aussi des opposants s’est créée pour qu’ils ne se présentent pas eux-mêmes à ces élections et qu’ils respectent l’organisation de celles-ci selon leurs promesses.
Malheureusement, le 28 septembre – date symbolique de l’indépendance de la Guinée – une grande manifestation a eu lieu au stade de Conakry pour s’opposer à la présentation de Moussa Dadis Camara – autoproclamé président suite au putsch. Des militaires ont alors massacré plus de 150 personnes et fait plus de 1500 blessés. Aujourd’hui, de nombreux enfants sont orphelins et de nombreux blessés se retrouvent sans soin du fait de la précarité des hôpitaux. La situation est donc assez critique.
A côté de cela, des partis politiques s’entredéchirent. Ce qui me fait surtout peur, actuellement, ce sont des problèmes ethniques qui commencent à faire surface. C’est pourquoi il me semble important de porter un nouveau projet politique non pas ethnique mais qui rassemble les gens pour conduire la Guinée vers une sortie de crise.
Vous êtes guinéen d’origine et aujourd’hui homme politique belge, comment cette situation vous affecte-t-elle?
Bea Diallo : Je pense que je suis plus que d’origine guinéenne car, quand j’ai découvert ce pays, j’ai vraiment essayé de m’investir pour lui. J’ai notamment organisé un grand combat de boxe diffusé dans 27 pays pour justement faire connaître ce pays à l’extérieur, pour y attirer des investisseurs sérieux, soutenus par les états, dans une relation win-win, car la Guinée a un potentiel énorme.
Quand je vois la situation actuelle du pays, alors que bien sûr une grande partie de ma famille y vit, cela me chagrine terriblement et cela d’autant plus que des enfants et des femmes sont touchés, car ce sont toujours les premières victimes de ce type de guerre.
Vous avez décidé de passer à l’action, en formant le « Mouvement Guinée nouvelle » quel est l’objectif de ce mouvement?
Bea Diallo : L’objectif de ce mouvement est simple: c’est de rassembler tous les gens, de toutes obédiences, de toutes ethnies, hommes, femmes, jeunes autour d’un seul projet. Ce projet, pour moi, est d’aller vers une nouvelle Guinée.
Mon message sera également tourné vers les jeunes car il s’agit d’une génération qui doit s’imposer, avec le traditionnel respect des aînés, simplement parce que les moins de 35 ans forment 70 à 80% de la population.
L’idée sera aussi de réunir plus de 150 partis politiques plutôt basés sur des ethnies pour ne former qu’un seul projet constructif pour la Guinée, avec une nouvelle génération, et parvenir ainsi à 4 ou 5 principaux partis démocratiques. Cette nouvelle génération doit devenir un véritable interlocuteur par rapport à l’Occident. Actuellement, la Guinée est quasiment à la misère alors qu’elle est potentiellement un des pays les plus riches au monde.
Cela paraît un défi énorme pour un Député bruxellois ?
Bea Diallo : C’est en effet un défi énorme ! Si je suis un petit Député bruxellois, il faut savoir que j’ai un impact considérable en Guinée, notamment du fait de ma fondation qui y exerce depuis 12 ans de très nombreuses actions concrètes, pour aider les jeunes, les femmes, les malades…Par la suite, avec mon combat de boxe, cela a amplifier cet impact.
Je crois humblement que je peux rassembler les gens autour d’un projet, défi autrement plus difficile sur le plan international. C’est pourquoi je fais appel au soutien de mon pays d’adoption à ce projet qui n’est autre qu’une action humanitaire. Si on joue le rôle d’accompagner ce pays vers la démocratisation, les gens auront beaucoup moins envie de quitter leur pays et pourront construire une Guinée qui a vraiment un potentiel énorme.
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