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Quelle est le point de départ de votre démarche?
Comment faire alors ?
Pourquoi les jeunes ?
Et la teckto, késako ?
Quels espoirs pour demain? |
Fabrice Laurent : Pour moi, tout a commencé pendant la campagne pour les élections communales du 8 octobre 2006. L’extrême droite dépose une liste dans ma commune. Stupeur. Issu du mouvement associatif, je ne peux rester indifférent devant ce qui me paraît une insulte à la démocratie. Allant au contact des gens qui ont été amenés (par quelles méthodes!?) à signer la liste de soutien, je me rends vite compte qu’il est urgent d’agir. Agir pour renouer du dialogue et conscientiser chacun.e aux enjeux (et à la fragilité) de la démocratie, menacée par un fléau qui surfe sur les peurs et les réflexes égoïstes. L’extrême droite, par définition et malgré ses discours trompeurs, est porteuse de tant de dangers et destructrice de toute solidarité, de tout progrès, d’égalité, de toute liberté.
À côté de cela, la politique, telle que je la vois, c’est surtout l’occasion de faire vivre des idées, des projets et être à l’écoute, décoder à l’attention des citoyen.ne.s la société complexe dans laquelle on vit.
En octobre 2006, 1.359 personnes ont voté FN à Pont-à-Celles, ça fait 1 personne sur 8. Ca pourrait être des gens que je croise tous les jours… Pas question de rester indifférent. Un engagement clairs’impose : effacer la tache brune à grand coup d’oxygène démocratique.
Chantal Hubin : Notre volonté est de combler un vide. Celui que crée bien souvent notre monde moderne (les liens sociaux se distendent). Il nous faut combler la distance qui sépare ceux qui décident (qui a priori font de leur mieux pour répondre aux problèmes) et ceux qui sont concernés par la décision (sans forcément la comprendre ou la trouver légitime).
La méfiance du citoyen envers la politique semble s’accentuer, si l’on en croit l’image donnée par les médias. Les affaires de Charleroi n’ont rien arrangé, bien sûr.
C’est pourquoi, la dynamique lancée par le PS via les artisans du Progrès nous a séduits tout de suite et a fait rebondir notre envie de bouger. D’insuffler un mouvement nouveau dans la participation citoyenne, à gauche toute. Nous n’avons pas hésité une seule seconde à mettre nos forces et nos idées en commun pour démarrer une belle aventure…
Julie Leprince : Comme on l’a dit, on voudrait retisser du lien. Ca concerne tout le monde: hommes-femmes, jeunes ou moins, venus de tous les horizons. Mais il fallait trouver un axe pour le projet. Et notre priorité absolue va vers des citoyens qui découvrent aujourd’hui (dans un climat difficile) la démocratie et seront amenés à poser des choix et voter en 2009. Il nous semblait indispensable de mettre en lumière à quel point le rôle qu’ils ont est précieux et qu’on ne peut bien choisir, qu’en connaissance de cause.
Finalement c’est une façon de leur mettre à disposition les clés pour comprendre et s’approprier le monde.
Olivier Depris : Le fil rouge du projet est l’expression. A partir d’une question de base: jeune versus politique, on a voulu réaliser la synthèse. En s’inspirant d’un courant qui occupe l’espace public.
Dans notre idée, il y a l’objectif de faire éclore la parole, susciter les idées. Et bien sûr on est porteurs de valeurs fortes, ancrées à gauche, en particulier, celles de la tolérance et de la solidarité.
Alors, on a fait ce pari, un peu fou, admettons-le, de coller à un mouvement en vogue chez les jeunes, pour créer les conditions d’émergence positives du débat. Une façon un peu décalé d’aborder les choses, pour qu’on y prenne plaisir! Mais, pour donner envie: ce n’est pas la seule surprise qu’on réserve ce soir-là… à bon entendeur.
Sophie Paczkowski : Pour l’instant, on a surtout envie de mettre un pied devant l’autre et de toucher un maximum de jeunes le 21 !
Après, si ça se passe bien (ce qui ne fait aucun doute;-), sur base des attentes et des besoins qui s’exprimeront, des thématiques les plus sensibles pour les participants, nous travaillerons à des projets plus concrets pour faire bouger Pont-à-Celles, par et pour les jeunes …
Des outils pédagogiques pour mieux décoder les discours politiques seront élaborés, afin que chacun.e devienne acteur.rice de la démocratie. |