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Discours d'Elio Di Rupo lors de la réunion de l'Internationale socialiste

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Discours d'Elio Di Rupo lors de la réunion de l'Internationale socialiste

Dear Comrades,
Mes chers Camarades,

First of all, I would like to thank George and Luis for inviting us to meet here in New-York at the United Nations headquarter.

Tout d’abord, je tiens à remercier Georges et Luis de nous avoir invités à nous réunir ici à New-York aux Nations Unies.

Being together amongst socialists and social-democrats from all over the world, always gives me a sense of great fraternity.

Nous retrouver ensemble, entre socialistes et sociaux-démocrates du monde entier est toujours pour moi un grand moment fraternel.

Before dealing with global warming, I would like to insist on the necessity to (continue) to boost our Socialist International.

Avant de traiter du réchauffement climatique, je voudrais insister sur la nécessité de (continuer à) redonner un élan à notre Internationale Socialiste.

The most underprivileged, those who are hungry, who suffer from the cold or the heat, the refugees of any nature, those who are looking for a decent job, those who have a low income, those who are retired, need us.

Because the Right which deregulates, which remove rights, which protects finance, will not help them.


Les plus défavorisés, les gens qui ont faim, qui ont froid ou trop chaud, les réfugiés de toute nature, les gens qui cherchent du travail, les travailleurs à faibles salaires, les pensionnés ont besoin de nous. Car la droite qui dérégule, qui enlève des droits, qui protège la finance, ne les aidera pas.

Our action, the action of the Socialist International needs to be more visible.

Notre action doit être plus visible.

I have no doubt that Luis and George agree with me.

Je ne doute pas que Luis et Georges sont de mon avis.


***

Mes chers Camarades,

Sans revenir sur les deux thèmes évoqués ; le terrorisme et le développement durable, je voudrai appuyer ce que certains amis ont évoqué, en matière de terrorisme.
  • Le terrorisme n’est pas lié à une religion mais prend une multitude de formes.
  • Tarir toutes sources financières des terroristes.
  • Lutter  par tous les moyens contre celles et ceux qui alimentent en armes et d’une manière financière (rachat de pétrole).
  • Combattre directement toute action susceptible de se traduire en acte terroriste. Rappeler la lourde responsabilité de l’administration Bush et du Président lui-même !
  • Octroyer les moyens financiers nécessaires pour que les renseignements et que le suivi des terroristes soient optimaux et puissent en amont, les empêcher de passer à l’acte.

Mes chers Camarades,

J’en viens au climat.

97% des scientifiques l’affirment : continuer, comme à présent, à émettre des gaz à effet de serre (GES*) de façon croissante va bouleverser fondamentalement notre monde.

Nous allons droit vers un réchauffement catastrophique de la planète.

Le dérèglement climatique est devenu une crise existentielle pour l’Humanité.

Ce sont l’ensemble des citoyens de la terre qui en souffriront et en premier lieu, les plus vulnérables.
Comme l’affirme Naomi Klein dans son remarquable ouvrage « Tout peut changer » : « la crise du climat n’est pas un « enjeu » parmi d’autres, une question qui viendrait s’ajouter à celles des soins de santé ou de la fiscalité.

La crise du climat est un signal d’alarme, un avertissement ferme qui s’exprime dans un langage de feux de forêts, d’inondations, de sécheresses et d’extinction d’espèces » .

Nous, Membre de l’Internationale Socialiste nous voulons que le sommet de Paris soit un succès.
Mais pour cela, la conférence de Paris doit aboutir à un accord mondial contraignant.

Un accord contraignant qui s’applique à tous et qui fixe des objectifs quantifiables et quantifiés.
Des objectifs qui doivent s’inscrire dans le principe de notre responsabilité commune.

Des objectifs qui devront être différents pour chacun.

Pour les pays en développement, le Fonds vert pour le climat  doit être suffisamment alimenté.
Et, le transfert de technologies doit être amélioré pour leur permettre de rattraper progressivement les pays développés.

Mais, ne nous trompons pas.

L’objectif commun le plus important reste de réduire les émissions de Gaz à Effets de Serre pour tenter de limiter la hausse de la température mondiale à 2°C maximum.


Mes chers Camarades,

Ayons la force de nous projeter dans le futur !

Pour nous socialistes et sociaux-démocrates, l’enjeu  du réchauffement climatique dépasse de loin le contenu, important, de la Conférence de Paris.

Pour nous, la crise du climat est un signal d’alarme politique.

Un signal d’alarme qui nous presse d’adopter un modèle économique complétement différent du modèle capitaliste qui domine la planète.

J’en suis convaincu.

Nous devons être les initiateurs d’une nouvelle façon de partager la planète.

Partager autrement la planète car les combats environnementaux vont fondamentalement de pair avec une plus grande justice sociale et une lutte plus efficace contre la pauvreté.

Les partis de l’Internationale Socialiste doivent être à la pointe de la « justice climatique mondiale ».

Nos partis doivent d’abord exiger l’arrêt de l’extraction débridée des énergies fossiles.

Ils doivent ensuite être les acteurs d’une transition juste et complète vers une économie s’appuyant sur les ressources renouvelables.

Une autre économie qui émet peu de gaz à effet de serre et consomme peu de matières premières.

Oui mes chers camarades, le changement climatique doit être au cœur même du programme progressiste.

Il doit assurer une prospérité réellement durable de nos sociétés.

Une prospérité qui concilie développement économique, progrès social et protection de l’environnement.

Le changement climatique exige aussi une réorganisation vigoureuse de la gestion des biens communs.

Mes chers Amis,

Le monde de l’argent, largement relayé par des femmes et des hommes politique de droite, a réussi à faire croire que la crise financière des années 20072008 était avant tout une crise des déficits et des dettes des Etats.

C’est faux.

C’est faux mais pourtant le monde de l’argent triomphe !
La dérégulation de l’économie et la domination par les grandes multinationales n’a jamais été aussi forte que maintenant !

Pourtant, le bilan de trente années de néolibéralisme est catastrophique.

En 2016, 1% de la population mondiale possédera plus de patrimoine que les 99% restant.

Malheureusement, de nombreux signes laissent entrevoir que la crise du climat pourrait elle aussi être utilisée par le monde des affaires pour augmenter encore plus le profit des plus riches.

Et, face à la crise du climat, les riches disposeront de moyens financiers pour  se protéger alors que le reste des citoyens, sera laissé à la merci des conséquences désastreuses des dérèglements climatiques.


Mes chers Camarades

Les trois piliers de l’ère néolibérale
  • La privatisation du secteur public,
  • Le déréglementation des marchés
  • et l’allégement des contributions fiscales des entreprises financé par la réduction des dépenses publiques
sont incompatibles avec une bonne partie des mesures à prendre
pour ramener les émissions de gaz a effet de serre à des niveaux acceptables.

Ces piliers de l’ère néolibérale soutiennent le mur idéologique qui, depuis des dizaines d’années, empêche le déploiement de solutions sérieuses pour endiguer le déséquilibre climatique.

Nous, socialistes et sociaux démocrates, devons avoir l’audace de penser autrement, d’imaginer l’avenir autrement.

Nous devons tirer des leçons des ‘succès’ de la droite.

La Droite a, en effet, réussi à freiner et à faire reculer la lutte contre le changement climatique en pleine crise économique.

Les conservateurs ont prétendu qu’il fallait commencer par redresser l’économie, c’est-à-dire  maintenir  d’abord la croissance économique.

En ce faisant la Droite à endormi la Gauche quant à un nouveau modèle de société plus juste et plus solidaire!!!
Bien entendu, il faut d’urgence redresser nos économies dans l’intérêt de tous.

Mais la droite n’a fait qu’aggraver les conséquences de la crise financière n’a fait qu’accroître les inégalités  et dans le même temps elle a combattu les mesures contre le changement climatique.

Nous, les progressistes, devons montrer que les véritables solutions à la crise du climat constituent aussi le meilleur espoir de bâtir un système économique plus stable et plus juste;

Un système créateur d’emplois décents et qui soutient les plus fragiles d’entre nous.

La crise du climat nous offre cette opportunité de redessiner un autre univers économique que celui que nous subissons ;

Un univers dans lequel les travailleurs, les citoyens et la collectivité dans son ensemble retrouveraient toute leur capacité d’agir et de vivre dignement.

Saisissons cette opportunité !

Des défis majeurs attendent les progressistes.
Nous devons :
  • raviver les économies locales et les collectivités locales ;
  • libérer nos démocraties de l’emprise destructrice des géants du secteur privé ;
  • empêcher l’adoption d’accords de libre-échange qui seraient néfastes pour nos modèles sociaux et environnementaux et  renégocier ceux qui étaient déjà en vigueur pour garantir les droits des citoyens et de l’environnement ;
  • investir dans les infrastructures publiques les plus mal en point, tels les transports en commun et le logement social ;
  • se réapproprier des services publics essentiels comme l’énergie et l’eau potable ;
  • redessiner le secteur agricole pour assurer l’alimentation de qualité de tous les citoyens, rendre leur rôle aux petits agriculteurs et réduire drastiquement l’impact environnemental de l’agriculture .

Ces défis sont autant mesures susceptibles de contribuer à mettre fin aux immenses inégalités sociales et territoriales qui déchirent le monde actuel .

Ces défis, nous pouvons les relever !
Nous devons également penser au financement de ces mesures pour se donner les moyens de les mettre en œuvre.

Il y a par exemple la Taxe sur les transactions financières qui pourrait générer près de 650 milliardsan.

Naomi Klein, que j’ai citée, évoque d’autres pistes dont nous pourrions débattre ensemble comme :
  • la taxation des fortunes,
  • la réduction de budgets dans certains secteurs comme la défense
  • ou encore l’élimination progressive des financements aux activités néfastes pour l’environnement.

Mes Chers amis,
J’en termine

La lutte contre le réchauffement climatique est une lutte dans laquelle nous devons nous investir pleinement car c’est d’abord et avant tout un combat en faveur des plus démunis

C’est aussi une lutte pour un monde plus juste pour tous.

C’est notre lutte !

Merci pour votre attention.

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