25/05/2012
Paul Magnette, Ministre PS des Entreprises publics, veut plafonner à 290.000 euros bruts le salaire des patrons des entreprises publiques. Il propose également d’interdire la rétribution sous forme de stock-options et de limiter drastiquement les « parachutes dorés ». Cet avant-projet de loi sera examiné par le conseil des Ministres. Il pourrait être finalisé à la fin de l’été et voté avant la fin de l’année.
« Ce que je propose aujourd’hui s’inscrit dans un mouvement mondial pour apporter plus de morale dans l’économie », commente Paul Magnette. Concrètement, l’avant-projet de loi plafonne la partie fixe du salaire annuel des patrons des entreprises publiques à quelque 200.000 euros brut. Un montant en grande partie calqué sur la fiche de paie des présidents de Services publics fédéraux. A côté de cette limite, la rémunération pourrait aussi comprendre une partie variable, mais cette dernière n’excéderait pas 30% de la part fixe.
Le ministre PS propose également de réduire les indemnités de départ (« parachutes dorés ») à maximum un an de salaire. Et celui qui quitterait volontairement son poste ou qui n’aurait pas récolté de bons résultats ne recevrait pas de compensation. La même chose vaudrait si l’entreprise rencontrait de graves difficultés financières.
Et il n’est pas seulement question de chiffres : cet avant-projet veut aussi interdire les stock-options et le recours aux sociétés de management. Celles-ci permettent trop souvent aux grands patrons de se faire rémunérer en évitant l’impôt des personnes physiques.
Pour Paul Magnette, il s’agit de « remoraliser » le monde des grandes entreprises car « il y a un décalage par rapport au monde réel. » Selon lui, un salaire devient déraisonnable quand « l’écart entre le salaire le plus bas et le plus haut est excessif. Et cet écart n’a cessé de se creuser ces dernières années. » Et puisqu’en période de crise, tout le monde doit faire des efforts, les patrons des entreprises publiques n’échapperont plus à cette règle.
Paul Magnette transforme donc des paroles en actes, et c’est une première en Europe : «
Nous sommes pionniers en la matière. D’autres pays travaillent sur le sujet, comme l’Espagne, la Finlande, la France et les Pays-bas, mais nous sommes les premiers à aboutir.»