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Lettre ouverte

Lettre ouverte « Pour une meilleure prise en compte des zones rurales »

Fermeture de bureaux des contributions, de bureaux de poste ou de commerces de proximité, pénurie de médecins, insuffisance de places en maisons de repos, débat sur les noyaux d’habitat, menace sur l’existence des petites gares ou de certaines lignes TEC, sentiment d’isolement et d’abandon … Ce ne sont là que quelques-unes des difficultés qui s’accumulent  au sein des zones rurales et semi-rurales.

Lettre ouverte « Pour une meilleure prise en compte des zones rurales »

18/06/2012

Fermeture de bureaux des contributions, de bureaux de poste ou de commerces de proximité, pénurie de médecins, insuffisance de places en maisons de repos, débat sur les noyaux d’habitat, menace sur l’existence des petites gares ou de certaines lignes TEC, sentiment d’isolement et d’abandon … Ce ne sont là que quelques-unes des difficultés qui s’accumulent  au sein des zones rurales et semi-rurales.
Face à cette situation qui inquiète la population, nous, parlementaires socialistes issus de la ruralité, nous qui nous battons quotidiennement pour développer les services publics et maintenir la cohésion sociale au sein de nos communes, nous appelons de toute urgence tous les niveaux de pouvoir à prendre en compte les spécificités de nos communes.  
La ruralité en Wallonie est une source importante de richesses, pour autant qu’il existe une réelle volonté de la valoriser. Or certains débats en cours nous inquiètent. Ainsi en est-il du débat sur la création des « noyaux d’habitat ». Que les choses soient claires, nous en partageons entièrement l’objectif final : éviter l’étalement urbain et concentrer les nouveaux logements dans les zones d’habitat existantes. En densifiant ainsi les zones de bâti existantes, on concentre les besoins en équipements collectifs et en services publics et on permet de proposer une meilleure offre de services à un plus grand nombre de personnes à un coût acceptable tant pour la collectivité que pour l’usager.
Néanmoins, nous demandons qu’on tienne compte des spécificités propres à la ruralité. En ville, les noyaux d’habitat correspondent souvent au territoire communal, ce qui n’est pas le cas à la campagne, caractérisée par une multitude de petites zones habitées éparses correspondant aux anciens centres de villages. On ne peut donc pas avoir la même définition et la même vision des noyaux d’habitat selon qu’on soit urbain ou rural. Or, les projets du Ministre de l’Aménagement du Territoire Ecolo prévoient une définition des noyaux complètement aveugle aux spécificités rurales, ce qui  pourrait avoir de lourdes conséquences sur le développement des campagnes.
Ainsi, nous nous opposons fermement à une définition des noyaux d’habitat basée uniquement sur un critère d’accessibilité aux transports en commun quand nous n’en finissons pas de subir des suppressions de lignes de bus et des fermetures de gares ! Nous souhaitons au contraire des critères multiples adaptés à la réalité rurale, intégrant notamment les villages existants, l’accès à la mobilité structurante (y compris à un accès autoroutier !) et les projets des communes : celles-ci connaissent les réalités du terrain, elles doivent être l’interlocuteur privilégié de la Région pour la mise en œuvre des noyaux d’habitat sur leur territoire.
Quant aux moyens utilisés pour densifier le bâti existant, mettons  en place des incitants, comme une majoration de certaines primes ou prêts en matière de logement (ce que prévoit d’ailleurs la Déclaration de politique régionale) mais nous refuserons la suppression pure et simple, en dehors des noyaux d’habitat, des aides régionales en logement  ou en énergie. Il s’agirait d’une discrimination inacceptable de la ruralité par rapport aux villes, qui pourrait rapidement aboutir à la multiplication des bâtiments abandonnés dans les zones rurales, faute d’attractivité suffisante pour un acheteur potentiel.  On voudrait faire mourir certains villages qu’on ne s’y prendrait pas autrement !
Les projets du Ministre Ecolo sur les noyaux d’habitat nous inquiètent particulièrement, nous mandataires socialistes ruraux. Ils vont à l’encontre de notre conception du développement rural. Nous ne voulons pas uniquement être une magnifique réserve naturelle, lieu de villégiature des citadins, ou la banlieue verte d’une grande ville. Nous voulons que s’arrête l’hémorragie des services publics, nous voulons être pris en compte sur la carte wallonne de la mobilité. Nous voulons donner un avenir aux jeunes dans les zones rurales, nous voulons que soient créées les conditions pour y redynamiser l’emploi, au-delà des secteurs de l’agriculture et du tourisme rural.
Cela passe par une réelle prise en compte des besoins de la ruralité dans les politiques  fédérales, communautaires et régionales en matière de services publics de mobilité, de logement, d’emploi, de développement économique, d’enseignement, etc. C’est pourquoi nous demandons, pour chaque décision prise par les Gouvernements fédéral, wallon et de la Fédération Wallonie Bruxelles, une évaluation systématique des impacts sur les zones rurales. Sans cela, la campagne wallonne deviendra inexorablement une réserve indienne.

Les signataires sont : Jean-Claude Maene, Françoise Fassiaux, Léon Walry, Marc Bolland, Sébastien Pirlot, Daniel Senesael, André Frédéric, Eric Thiebaut, Jean-Marc Delizée, Philippe Blanchard, Monica Sonnet, Christian Dupont, Edmund Stoffels, Marc Tarabella, Louis Siquet et Christie Moreale.

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