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Carte blanche : "La N-VA veut démanteler notre patrimoine culturel"

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Carte blanche : "La N-VA veut démanteler notre patrimoine culturel"

Karine Lalieux, députée fédérale PS et Echevine de la Culture à la Ville de Bruxelles, Laurette Onkelinx, cheffe de groupe PS à La Chambre, Fabienne Winckel, députée fédérale PS, Jean-Marc Delizée, député fédéral PS, Sébastian Pirlot, député fédéral PS et Julie Fernandez Fernandez, députée fédéral PS. 

Le MR laisse deux ministres N-VA développer une stratégie du pourrissement pour nos musées royaux, et établissements scientifiques fédéraux.

La méthode mise au point par les ministres N-VA se joue en trois temps : étranglement, démantèlement et communautarisation. Les deux premières phases préparant le terrain de la troisième.

La première cible de la N-VA, c’est la politique scientifique fédérale

Sous prétexte de rationaliser le « train de vie » des services de l’Etat, les nationalistes ont tout d’abord décidé de s’attaquer à la politique scientifique fédérale : avec 20 % d’économies sur les frais de fonctionnement et 5 % d’économies sur les frais de personnel, Madame Sleurs a déjà commencé la phase d’étranglement.

La politique scientifique fédérale, ce sont des musées, des centres de recherche et d’excellence, un patrimoine artistique et scientifique inestimable : Musées royaux d’Art et d’Histoire, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Museum des Sciences naturelles, Musée royal de l’Afrique centrale, Institut royal d’Aéronomie spatiale de Belgique, Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, Institut royal du Patrimoine Artistique, Institut royal météorologique de Belgique, Observatoire royal de Belgique, Bibliothèque royale de Belgique, Archives générales du Royaume…

Tous des domaines d’excellence belge. Un savoir-faire national, qui attire chaque jour un public plus nombreux et qui contribue au rayonnement de la Belgique à travers le monde – autrement dit, tout ce que la N-VA ne supporte pas.

La phase de démantèlement se prépare très concrètement avec la suppression de BELSPO, l’administration centrale de la politique scientifique fédérale. Le démantèlement de BELSPO privera tous ces établissements des avantages d’un service d’appui commun (personnel et organisation, budget et contrôle de gestion, ICT, juridique, logistique…) et les obligera à développer ces mêmes services au sein de chaque établissement, au détriment de leurs missions de base : la conservation, la recherche et la valorisation du patrimoine.

Pour remplacer BELSPO, Madame Sleurs propose la création d’une petite usine à gaz : une intégration des musées, des instituts scientifiques fédéraux et de leurs patrimoines respectifs au sein de deux sociétés anonymes de droit public, où siégeraient les communautés. Au travers de cette mise en S.A., le gouvernement Michel se déresponsabilise du sort de ces collections et institutions fédérales et ouvre de facto la voie à une privatisation de l’ensemble des collections.

Une déresponsabilisation qui n’a rien d’innocent pour un gouvernement qui étrangle depuis deux ans des institutions fédérales à force d’économies linéaires : une fois étouffées, les sociétés anonymes n’auront plus la capacité financière de gérer ce patrimoine. La Flandre pourra alors lancer sa bouée de sauvetage aux institutions que Madame Sleurs aura savamment coulées. Un scénario où la communautarisation des collections fédérales sera facilitée par le statut de société anonyme et la participation des communautés aux conseils d’administration.

S’ajoute à cela la volonté affichée de la secrétaire d’Etat de débarrasser les musées « de certains objets qui ne leur seraient plus utiles ou n’auraient plus leur place au sein de leurs collections. » Et ce, au détriment du principe d’inaliénabilité qui régit en principe tous les musées publics.

Une ministre doit donner les moyens aux institutions de fonctionner, et non s’improviser conservatrice ou directrice artistique de musée. De quoi se mêle-t-elle ?

Cette volonté met par ailleurs de futures donations en péril, en créant une brèche dans la confiance des donateurs et en faisant fi de l’intérêt artistique de pièces qui pourraient un jour être révélées au public.

La seconde cible de la N-VA, c’est le travail de mémoire

Nous avons pu le constater lors des travaux parlementaires relatifs à la commémoration de la Première Guerre Mondiale : pour la N-VA, le travail de mémoire est une prérogative exclusivement touristique et donc régionale. Plus d’un Poilu, mort pour la Patrie, doit s’en retourner dans sa tombe…

A l’heure où refleurissent en Europe de nombreux obscurantismes aux relents nationalistes, le travail de mémoire doit rester un socle fort de nos démocraties. Malheureusement, c’est ici que le Ministre N-VA de la Défense, Steven Vandeput, entre en scène, Ministre de tutelle de cette compétence fédérale via l’Institut des Vétérans (IV-INIG) et le Musée royal de l’armée (MRA).

Rappelons que le Musée royal de l’armée est reconnu comme l’un des trois musées d’histoire militaire les plus prestigieux d’Europe, tant par la richesse que la qualité de ses collections, dont la valeur est estimée par certains experts à plus de 2 milliards d’euros.

Là aussi, le scénario de la N-VA est bien rôdé. Le ministre Vandeput applique la même recette que sa collègue Sleurs : aujourd’hui, force est de constater que le musée de l’Armée du Cinquantenaire n’a plus les moyens pour entretenir et développer ou tout simplement répertorier ses collections. Et c’est sans aucun complexe que Monsieur Vandeput nous présente à la Chambre le plan qu’il a concocté pour le démantèlement de ces parastataux de la Défense. Un plan de démantèlement pour lequel il a obtenu l’aval du conseil des ministres restreint, surreprésenté côté flamand.

Dans ce plan, le MRA serait fondu dans une nouvelle structure parastatale (de type B) disposant d’une autonomie de gestion et de décision. L’Institut des Vétérans, lui, disparaîtrait complètement.

La rénovation et l’exploitation du musée feraient l’objet d’un partenariat public-privé, voire d’une privatisation complète ! Monsieur Vandeput nous assure que les collections seraient toujours fédérales, mais… qu’elles pourraient être partiellement délocalisées dans des « dépôts » régionaux, puisque le Musée du Cinquantenaire, en sous-effectif et en manque de moyens, ne peut plus assurer leur mise en valeur. Les projets concrets dont nous avons pu officieusement prendre connaissance démontrent pourtant une délocalisation des pièces phares du MRA : la magnifique collection d’avions de la section Air-Espace du Cinquantenaire serait transférée vers la base militaire de Coxyde – la collection de blindés serait, elle, transférée à Brasschaat. Le démantèlement et la privatisation au profit de la Flandre sont donc bien en marche.

Il y a péril en la demeure !

Un péril que nous ne pouvons accepter car il remet en cause de manière irréversible notre culture, notre expertise scientifique, notre mémoire commune qui se doit d’être au profit de tous les Belges mais aussi des générations futures.

Une culture qui est pourtant un antidote aux nationalismes et au repli sur soi dont notre pays et l’Europe ont tant besoin.

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