15/02/2012
Des chiffres parlent de montants énormes, de l’ordre de 60 milliards, à propos de l’économie souterraine en Belgique. Pensez-vous que ces chiffres soient réalistes ?
Tout à fait. Les études du professeur Friedrich Schneider de l'université de Linz parlent d'un manque à gagner de l'ordre des 18 % du PIB. Rapportés à la Belgique, cela donne environ 65 milliards d'euros. Si on applique à ce montant le taux de prélèvement obligatoire en Belgique qui comprend à la fois la fiscalité directe et la parafiscalité, on arrive alors à un manque à gagner de l'ordre des 30 milliards d'euros.
Il est temps donc de donner plus de moyens à l’administration fiscale ?
Le département des Finances est en restructuration et en réforme permanente depuis longtemps. Avec des résultats qui n’ont pas suivi. On peut dès lors s'interroger sur le bilan de la gestion du département. Sur le terrain, les fonctionnaires sont démotivés car le choix des dossiers à vérifier est décidé par un programme informatique. Les agents n'ont plus aucune autonomie dans ce choix, ce qui aboutit à des aberrations. Les agents me font part de leur grand désarroi et disent qu'ils n'ont pas l'impression d'être soutenus dans ce qu'ils font, au point que certains ont cherché à quitter le centre de contrôle où ils travaillaient. On doit hélas constater que ces dix dernières années, il a manqué d'une réelle volonté politique de lutter contre la fraude fiscale au niveau du département.