21/06/2012
D’après la direction « Etudes & Planification » de l’Administration de l’Aménagement du Territoire et du Logement (AATL) et le service « Inventimmo » de la Société de Développement de la Région de Bruxelles-Capitale (SDRB), le pourcentage de bureaux laissés vacants dans notre région est resté stable en 2011. Il a même légèrement diminué par rapport à 2010 pour s’établir à 9,2%. Cependant, ce constat doit être nuancé puisque, entre-temps, deux projets immobiliers importants ont été mis en œuvre (Brussels Tower et Silver Tower). Nous pouvons néanmoins parler de résultats encourageants. Ceux-ci sont à mettre à l’actif non seulement du secteur immobilier qui a beaucoup moins produit de bureaux que les années précédentes, mais aussi des pouvoirs publics qui encouragent la conversion des bâtiments administratifs en logements apportant par la même occasion de nouvelles solutions face au boum démographique.
Néanmoins, le député régional Mohamed Ouriaghli ntempère ce sentiment d’optimisme car « si la conversion en logements doit être poursuivie, elle ne constitue pas la panacée pour qui veut résorber la suroffre de bureaux. Au rythme que prend la conversion depuis cinq ans (62.000 m² en moyenne par an), il faudrait dix ans pour que le 1,2 million de m² toujours vacants soit réduit de moitié ».
C’est donc avec l’intention d’accélérer cette conversion que Mohamed Ouriaghli entend interpeller le Ministre-Président, ce mercredi en commission de l’Aménagement du Territoire, sur les autres mesures que prend le gouvernement pour réduire le taux d’inoccupation des bureaux en région bruxelloise.
A ce titre, l’Observatoire des bureaux fait remarquer, par exemple, « qu’un lien entre taille et vacance est clairement perceptible. Le pourcentage de vacance est chaque fois nettement moins élevé dans la catégorie des très grands immeubles (supérieurs à 10.000 m²) que dans celle des autres bâtiments ». Dès lors, quelles conclusions en tire le Ministre-Président ? Y a-t-il lieu de privilégier les tours d’affaires au détriment des bâtiments de plus petite taille ? Si oui, est-ce que des consignes ont été données aux fonctionnaires chargés de l’instruction des permis d’urbanisme pour influencer les projets de bureaux vers ce type de constructions ?
En outre, ce qui choque le plus le député Ouriaghli, c’est la durée d’inoccupation : « près de 590.000 m² de bureaux n’ont pas trouvé d’occupants depuis plus de deux ans. Ces surfaces représentent donc la moitié de la vacance totale ! » Or, l’Observatoire des bureaux estime que la situation pourrait s’aggraver dans les années à venir étant donné le nombre de grands projets qui doivent se concrétiser dans les années 2013 et 2014. La suroffre structurelle augmenterait alors dans des proportions inopportunes si la crise économique venait à se prolonger en Belgique.
A l’heure où le Ministre-Président élabore le Plan régional d’affectation du sol et de développement durable, ces données ne peuvent être ignorées. Mohamed Ouriaghli est d’avis qu’il faille diminuer les zones où il est autorisé de construire des bureaux au profit d’autres affectations : logements, équipement collectifs, mais aussi activités productives dont on sait que les qualifications demandées correspondent beaucoup plus au profil des demandeurs d’emploi bruxellois. Il importe par conséquent de savoir si l’affectation dévolue aux bureaux diminue dans le projet de PRAS. Si oui, dans quelle proportion et au profit de quel type d’infrastructure ? A ce propos, une étude entreprise l’an dernier devait analyser la manière dont on pourrait renforcer l'activité économique existante dans la Région et établir des règles de mixité qui garantissent aux activités économiques une réelle possibilité de s'implanter là où elles sont admises, en ce compris en zone de forte mixité. Que ressort-il de cette étude ?