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Discours d’Elio Di Rupo au meeting de Benoît Hamon à Bruxelles

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Discours d’Elio Di Rupo au meeting de Benoît Hamon à Bruxelles

Mesdames,
Messieurs,
Chers Camarades,
Chers Amis français,

Tout d’abord, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à Bruxelles.

Vous êtes ici chez vous !

Vous aimez cette ville et cette ville vous le rend bien.

Il y a tout juste un an, nous avons vécu ensemble le traumatisme des attentats de l’aéroport et du métro.

J’ai ce soir une pensée émue pour toutes les victimes et leurs familles.

Je veux aussi redire ma confiance en l’avenir et en la force de la démocratie.

Notre société tolérante, ouverte et libre, doit le rester.

C’est également le sens de notre présence ici ce soir.

Chers Amis,


Je suis venu vous exprimer mon soutien à Benoît Hamon. Un soutien fraternel, mais aussi un soutien vigoureux et déterminé.
Les raisons de soutenir Benoît sont très nombreuses.

La première, c’est bien sûr sa légitimité. Benoît a été désigné au terme de la consultation très exigeante des primaires.

Le choix populaire a été très net.

L’autre grande raison, c’est le programme.

Le programme de Benoît Hamon est un programme de rupture.

Une rupture franche avec l’austérité qui nous est imposée un peu partout en Europe.

Son programme concrétise un « socialisme de l’espoir ».

Ce socialisme qui a le mérite d’ouvrir des perspectives à toute une population, et en particulier aux jeunes.
Ce que propose Benoît est très différent des incantations de la gauche dite radicale.

Benoît est du côté de la gauche qui assume ses responsabilités et qui incarne l’espoir.

Une gauche de progrès effectifs et de projets concrets, réalisables ici et maintenant.

Une gauche courageuse et généreuse.


Mes chers Amis,
Avec la crise financière, l’augmentation des inégalités, le drame des réfugiés, le Brexit, et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, une période de grande incertitude s’est ouverte à l’échelle mondiale.

L’Europe n’y échappe pas.

Partout, la poussée populiste se fait sentir.

Tantôt à l’extrême-droite, tantôt à l’extrême-gauche.

Avec leurs discours simplistes alors que la société est très complexe, les populistes gagnent du terrain partout.
Aux Pays-Bas, en France, en Belgique, en Allemagne, sans oublier la Pologne, la Hongrie ou encore la Slovaquie.


A ces populistes, il est essentiel d’opposer une alternative sérieuse à gauche.

Les socialistes constructifs doivent donc convaincre de la pertinence de leurs propositions.
En France, l’adversaire est d’abord l’extrême-droite.

Nous devons faire barrage à sa rhétorique xénophobe qui pollue les débats électoraux et qui finit par polluer les esprits des citoyens.
C’est dans cet esprit que je vous ai rejoints ce soir.

Mes chers Amis,

Un peu partout en Europe, les citoyens ne se sentent plus écoutés, plus respectés, plus protégés.

Ils subissent des politiques ultralibérales qui sont de véritables machines à produire de la précarité et de la pauvreté.

Nous devons lutter ensemble contre toutes les forces de désintégration qui minent l’Union européenne.

Réorienter l’Europe, en mettant fin à la domination néolibérale, est notre objectif commun.

Je remarque, cher Benoît, que nos visions de l’avenir de l’Europe sont proches.

Il faut d’urgence desserrer la contrainte budgétaire qui pèse sur les Etats membres.

Rien de grand, rien de juste, rien de mobilisateur ne sera possible en Europe si nous ne sortons pas de l’austérité.
Notre priorité est de briser le carcan des règles budgétaires européennes.

Nous préconisons comme Benoît une convergence fiscale européenne entre les 27 pays.

Il est en effet insupportable que l’Union européenne laisse se développer en son sein une concurrence fiscale extrême entre nos pays.

Comme Benoît, nous recommandons aussi une stratégie industrielle européenne et un vaste plan d’investissements pour soutenir notamment la transition écologique du continent.

L’éco-socialisme doit être au cœur de notre projet de gauche pour l’Europe !

Quant au CETA, le traité qui nous lierait au Canada, si toutes les conditions négociées âprement en Wallonie ne sont pas respectées, je demanderai aux parlementaires socialistes de refuser toute approbation par les parlements où les socialistes sont dans la majorité. 

Nous appelons d’ailleurs la Commission européenne à revoir complètement les règles de la politique commerciale européenne pour qu’elles garantissent la préservation de nos normes sociales, environnementales et sanitaires ainsi que l’exception culturelle.

Nous demandons en outre que la directive « travailleurs détachés », qui est à la base d’un dumping social honteux, soit totalement révisée.

Il est pour nous intolérable que des règles européennes puissent provoquer une mise en concurrence des travailleurs européens et la destruction d’emplois dans nos pays.

Les politiques européennes doivent être socialement bénéfiques pour l’ensemble des Etats membres et des citoyens !
Il faut également instaurer un salaire minimum européen équivalent à 60% du salaire médian.
Je rejoins aussi Benoît lorsqu’il place la zone euro au cœur du projet européen. 

La zone euro, ce sont 340 millions de citoyens qui utilisent l’euro comme monnaie nationale.
Sans une politique économique et fiscale commune, notre monnaie commune, est en danger.

Il est donc urgent de modifier en profondeur la gouvernance de la zone euro. 

La zone euro doit être consolidée.

Les pays de la zone euro doivent faire de grands efforts de convergence de politiques industrielles, de politiques économiques et d’harmonisation fiscale.

Les décisions devraient être prises par les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de la zone euro et pas par des dirigeants qui ne sont pas directement concernés par l’euro.

Et le contrôle démocratique des décisions de la zone euro doit être renforcé.

Il devrait s’exercer par les députés européens de la zone euro et par des députés nationaux.

La Banque centrale européenne devrait également avoir pour la zone euro les mêmes pouvoirs que ceux de la Réserve fédérale des États-Unis et être le prêteur en dernier ressort.

Mes chers Amis,
En ce qui concerne les questions de société, les convergences entre les propositions de Benoît et les nôtres sont évidentes.

Ensemble, socialistes français et belges, nous devons poursuivre nos efforts pour faire évoluer la société vers plus d’harmonie et d’apaisement.

Les propositions que nous formulons ne suppriment aucun droit à quiconque.


Non, avec Benoît, nous voulons simplement élargir le champ du possible, accorder des droits supplémentaires aux gens, sans nuire à personne.

Je pense au droit à l’IVG qui doit devenir un droit médical et sortir totalement du cadre pénal.
Je pense aussi au droit de mourir dignement, l’euthanasie.

Je pense enfin que la procréation médicalement assistée doit pouvoir s’étendre partout aux femmes seules et aux couples homosexuels.

Mes chers Amis,

Je voudrais profiter de cette tribune exceptionnelle pour insister sur l’importance que revêt la jeunesse. 
Son avenir dépend de nous.

De notre capacité d’assurer aux jeunes un travail épanouissant et une vie heureuse, avec des revenus suffisants.
L’école et les réformes que Benoît propose y contribueront.

Il y a aussi un sujet tabou qu’un grand nombre de femmes et d’hommes politiques refusent de considérer : je pense aux drogues si répandues chez nos jeunes, en particulier le cannabis.

Je trouve scandaleux de laisser un nombre considérable de nos jeunes dans les bras des milieux criminels pour s’approvisionner de quelques grammes de cannabis.

Comme Benoît, je propose que ce soient les pouvoirs publics qui régulent et règlementent la production et la vente de cannabis.

Des experts de l’Europe entière, médecins, sociologues, psychologues et autres professionnels nous pressent de prendre des mesures en faveur d’une régulation en matière de cannabis, comme nous l’avons fait pour le tabac ou l’alcool.

De nombreux pays ont emprunté ce chemin de la sagesse.
Je plaide pour que l’on avance avec lucidité, tant en France qu’en Belgique.
Cher Benoît,

Tu portes aujourd’hui l’espoir du changement.

Tu portes l’espoir d’une politique régénérée, plus à gauche, plus généreuse, plus combative face à toutes les injustices.

Je mesure la difficulté de la tâche qui est la tienne.

Mais je voudrais te dire que nous te soutenons de tout notre cœur et nous t’encourageons de toutes nos forces.

Ta victoire sera la victoire du cœur, la victoire des idées neuves, la victoire du magnifique idéal socialiste.

D’une même voix, nous te le disons :

« Vas-y Benoît ! »

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